Malix Good Blog

Par où commencer ?

S'il doit il y avoir une fin, il faut bien qu'il y ait un début, non ?

J'aurais aimé commencer par la fin, et pouvoir retracer tout le chemin qui m'aurait emmené jusque là. Alors je l'ai attendue, la fin. Je l'ai espérée. J'aurais aimé que ce blog soit comme tous ces podcasts qui nous racontent les difficultés rencontrées pendant des années douloureuses, et les allés-retours médicaux qui ont finalement mené au diagnostic qui explique tout. J'aurais aimé pouvoir commencer avec un diagnostic. Mais je n'en ai pas.

Alors par où commencer ?

Je ne sais pas quand serait une date adaptée pour le début. Ma naissance ? Le début de mes douleurs à l'adolescence ? Mon premier burnout il y a 10 ans ? Le moment où je me suis lancée dans un parcours intense pour trouver l'origine de ces douleurs ?

Par le milieu

Aujourd'hui. Dans moins de 2 semaines, je vais avoir 38 ans. Depuis mes 12 ans, j'ai des douleurs chroniques. Parfois elles me laissent tranquilles quelques jours ou semaines, assez longtemps pour que je les oublie. Et parfois, comme en ce moment, elles ne me laissent aucun répit. J'attends d'avoir un peu moins mal pour essayer de m'endormir. Mais je n'ai pas connu un jour sans la moindre douleur depuis des mois. Ou peut-être des années, je ne sais même plus. C'est ce que la douleur fait au temps qui passe et à la mémoire.

J'essaie d'oublier la douleur

J'ai mis toute mon énergie pendant 2 décennies à essayer de l'ignorer autant que je pouvais. A espérer qu'elles ne reviendraient pas chaque fois que j'avais un instant de tranquillité. Je passais mon temps à imaginer ce que serait ma vie une fois que je n'aurai plus mal.

Puis j'ai essayé pendant quelques années de forcer

J'ai commencé à manger plus équilibré. J'ai repris le sport, progressivement et régulièrement. Je me suis fait des plannings pour optimiser mes repas et mes entraînements. J'ai vu les résultats : j'ai pris des muscles, certaines douleurs sont devenues moins intenses. Pendant ce temps, j'ai ignoré la fatigue. Elle allait bien finir par passer une fois que mon corps irait mieux, j'aurai enfin l'énergie. J'avais bien intégré que tout n'est qu'une question d'effort à faire.

Et les craquements ignorés pendant 25 ans ont fini par tout faire s'effondrer

La fatigue physique a précipité plusieurs blessures qui m'ont forcée au repos. Et puis il y a eu l'hiver dernier. Je n'ai plus réussi à me lever le matin, rattrapée par la fatigue mentale et un épuisement physique général.

Depuis je n'ai pas récupéré

Malgré des mois d'arrêt de travail, des mois de rééducation de mon genou et un suivi médical. Aujourd'hui je fais de la rééducation pour la respiration, je ne peux plus reprendre mon souffle au moindre effort depuis un an. Je fais de la rééducation des yeux, je suis tellement fatiguée que je n'arrive plus à aligner l'image de mes deux yeux et je vois double en permanence. Je retourne chez l'orthopédiste, mon genou me fait à nouveau mal. Je ne peux plus faire de cardio sans faire une crise d'angoisse parce que je manque d'air . Je suis terrorisée à l'idée de me blesser à nouveau donc je ne fais quasiment plus de sport.

Ces 2 derniers mois, j'enchaîne les imageries médicales, les prises de sangs et autres tests. Et mes résultats sont toujours bons. Rien n'explique encore que parfois j'ai mal au ventre à ne plus pouvoir me tenir droite, que j'hyperventile après avoir marché 10 minutes, que je perds des sensations dans la moitié de mon corps. J'entends encore et encore les médecins me dire que je suis jeune et en bonne santé.

Et maintenant ?

Alors j'en suis à ce croisement. A devoir accepter que cette période d'errance est là pour durer. Qu'elle n'aura peut-être pas de fin et qu'il faut que je l'intègre dans mon quotidien.

#douleur #fatigue #handicap